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Les ancrages d'un style

Au milieu des années 1980 Christian Liaigre expose ses premiers meubles dans son showroom de la rive-gauche, posant d’emblée les bases d’un vocabulaire esthétique qui entend s’inscrire dans la durée.

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Au milieu des années 1980 Christian Liaigre expose ses premiers meubles dans son showroom de la rive-gauche, posant d’emblée les bases d’un vocabulaire esthétique qui entend s’inscrire dans la durée. Sans jamais céder aux séductions de l’air du temps, son mobilier fait l’éloge d’une apparente simplicité, imposant ses lignes nettes, son classicisme nourri par une solide culture, comme une forme de minimalisme qui contraste avec certaines des tendances de l’époque.

 

Textes:  Françoise-Claire Prodhon

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Derrière cette ascèse des lignes, cette volonté de ne se réclamer d’aucune avant-garde, se profile la conception d’un art de vivre et d’habiter qui préfigure un souci de bien-être. Mais surtout, au-delà du dépouillement et de la sobriété s’affirme le goût de Liaigre pour les matériaux nobles et naturels, comme pour la mise en œuvre artisanale induisant une maitrise des savoir-faire les plus exigeants et le soin extrême apporté à chaque détail sans céder au superflu. La beauté de chacune de ces créations naît de la qualité : celle évidemment du dessin, de la conception, des matériaux, de la fabrication et des finitions mais aussi de la générosité des proportions, d’une attention particulière à l’ergonomie, à la gestuelle, au ressenti, au toucher des matières et textures, de ce que l’on qualifie de confort au sens large du terme.

Pour autant, ce style volontiers hors modes et intemporel n’est pas sans références. Il est au contraire riche d’influences ou d’inspirations multiples, nourrissant une écriture déliée qui se dévoile au fil du temps et s’incarne dans des lieux de vie comme des pièces de mobilier. Synonyme de goût français, son style sans ostentation fondé sur des savoir-faire exceptionnels comme sur une conception du mobilier s’inscrit dans la lignée des grands ébénistes et ensembliers du XVIIIe siècle, ainsi que des créateurs Modernistes des années 1930. Enfin, le recours radical à des formes simples et à des matériaux naturels avec une forte intention esthétique et visuelle puise ses sources dans le « Less is More » du Minimalisme et cette aspiration à aller à l’essentiel.

C’est un siècle tout en paradoxes qui s’ouvre avec l’austérité du style Louis XIII, puis à partir du règne de Louis XIV (1660-1715), s’achemine vers un foisonnement créatif qui se confirme sous le règne de Louis XV et connait une véritable apogée avec ce que l’on appellera le style Louis XVI ( de 1774 à la Révolution de 1789 ) sous le règne de ce même roi. Un siècle durant lequel l’artisanat d’art français tutoie des sommets de raffinement et de savoir-faire mis au service d’un art de vivre, certes réservé à une minorité mais qui sert de laboratoire à une réflexion plus profonde sur ce que doivent offrir l’habitat, ses aménagements et l’ameublement dans son ensemble.

 

Oublié durant tout le 19ème siècle, le style Louis XVI nourrit certains des grands décorateurs des années 1920-30 comme Ruhlmann, Frank, Ingrand, Dupré Lafon ou Dunand,… Pour ces derniers il n’est pas question de réinterprétation directe, mais leur regard sur la simplicité et l’élégance du mobilier Louis XVI, tout comme sur le raffinement dans le choix des matériaux, des finitions et des habillages influence profondément leur conception du mobilier. Albâtre, cuir, galuchat, verre églomisé, laque, parchemin, les matériaux qui habillent ou ornent les pièces de ces décorateurs requièrent un savoir-faire délicat et une maitrise technique qui fait de leurs créations des fleurons de l’histoire des arts décoratifs. Le style Louis XVI conforte les uns et les autres dans une rigueur formelle qui répond aux aspirations de ce début de 20ème siècle, cet héritage classique leur permet de développer un répertoire de formes aussi intemporelles que modernes.

 

Dans un luxe absolu le 18ème siècle français invente la notion de confort, multipliant (entre autres) les typologies de sièges et de tables afin de répondre à toutes sortes d’usages et de temporalités. C’est ainsi que sont créés nombre de chaises, bergères, causeuses, canapés, méridiennes dont les assises et dossiers offrent l’ergonomie idéale pour le travail, les ouvrages de dame, les jeux de société, la lecture, le repos, les réceptions.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pour tout décorateur français cette connaissance d’un art de vivre issu du 18ème siècle constitue un socle culturel fondamental. Chez Liaigre cette inspiration passe par le filtre des grands créateurs du début du 20 ème siècle cités plus haut. Il existe un lien évident entre ce mobilier Louis XVI de la fin du 18ème siècle, les grandes créations Modernistes des années 1920-30 et le style épuré développé par Christian Liaigre et son studio depuis le milieu des années 1980. Là encore, Liaigre dans la lignée d’une tradition et d’un état d’esprit ,et non comme un imitateur cherchant à perpétrer des formes bien identifiées. Ce que Liaigre retient du 18ème siècle français c’est d’abord une « efficacité » pensée par rapport à une fonction, ou plus justement un usage : cela se traduit par un souci d’ergonomie, qui permet d’assurer confort et liberté de mouvement.

Et comment ne pas parler de cette manière d’associer des lignes sobres à des matériaux nobles et à des finitions sophistiquées relevant d’un artisanat d’art redevable d’une tradition fortement ancrée dans le 18ème siècle et enrichie au fil du temps et des innovations… Ce dialogue entre rigueur et luxe étant synonyme d’élégance… Le style Liaigre aime à se définir plus comme un art de vivre au sens large que comme un style, son exigence et sa rigueur le poussent à considérer l’aménagement d’un lieu dans ses moindres détails, en cela également il est le prolongement d’une quête de beauté exprimée par les plus grands créateurs du 18ème siècle.

Riche d’inspirations multiples, le style de Liaigre s’est affirmé au fil du temps, nourri par son ancrage dans une tradition française de l’ébénisterie et des métiers d’art qu’il vient sans cesse enrichir, comme par son ouverture aux influences parfois lointaines, qu’il s’agisse d’un « lointain » chronologique ou géographique… Le Modernisme, ce moment particulier du début du 20ème siècle, durant lequel l’architecture, les arts décoratifs, la peinture, la sculpture se réinventent dans un vocabulaire en rupture avec les excès décoratifs ou ornementaux de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle, compte parmi les grandes sources d’inspirations ou références de Liaigre depuis ses origines.

 

L’Exposition Internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui a lieu à Paris en 1925 correspond à l’apogée du Modernisme, mais ce courant international voit le jour un peu avant 1910. En France, ses prémices s’expriment d’abord dans la peinture et la sculpture : en cela le tableau de Picasso Les Demoiselles d’Avignon ( 1907) marque un tournant décisif. Cette oeuvre annonce l’apparition du Cubisme qui se développe entre 1907 et 1914 dont Pablo Picasso est l’un des fondateurs (avec Georges Braque). Le Cubisme impose une nouvelle vision du paysage et de l’espace domestique, il fragmente nature et objets pour en livrer une image qui en dévoile simultanément tous les aspects. De cet espace pictural inédit, le spectateur ne perçoit le plus souvent qu’une composition construite à partir de lignes, d’angles, de plans superposés. L’espace cubiste s’élabore, se construit comme une architecture et son influence esthétique va très vite dépasser le seul domaine de l’art entraînant dans son sillage l’architecture et le design.

 

Simplicité des formes, clarté des lignes, volonté d’aller à l’essentiel, sophistication des matériaux (bois, bronze, laque), depuis ses origines le style de Liaigre fait écho et prolonge les recherches esthétiques de certains des grands architectes et décorateurs Modernistes des années 1920 à l’exemple de Jean-Michel Frank, Pierre Chareau ou Paul Dupré Lafon. Ces ensembliers ont su à en leur temps penser des lieux de vie en imaginant les espaces, les éléments de mobilier et les luminaires qui devaient s’y intégrer, mais aussi tout un luxe de détails architecturaux qui facilitent le quotidien. Cette approche global d’un art de vivre résonne particulièrement dans la manière dont Liaigre aborde ses projets d’aménagement et de décoration, comme ses créations d’éléments de mobilier ou de lignes d’accessoires. L’individu et son ressenti sont au centre de cette démarche, ainsi cette conception de l’architecture et du design est-elle l’une des caractéristiques de l’esprit Liaigre et a fortement contribué à son succès.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le langage esthétique de Liaigre s’appuie sur une solide culture visuelle ainsi que sur une grande connaissance de l’histoire des formes, bien au-delà du répertoire de l’architecture et du design. De ces inspirations nombreuses, parfois paradoxales est née une écriture tout à fait identifiable. Bien avant que le mot « minimalisme » ne soit utilisé pour qualifier un quelconque courant esthétique, cette volonté d’aller à l’essentiel s’exprime dans l’oeuvre de nombreux artistes des avant-gardes au début du 20 ème siècle.

 

Cette quête de la forme épurée va de pair avec la revendication d’une liberté créative que l’on peut résumer par le désir de s’éloigner d’un réalisme appuyé. Ce réalisme « illusionniste » destiné à créer plus vrai que nature et à imiter au plus près la réalité, est durant des siècles l’un des grands enjeux de la création artistique. Mais cette nécessité recule avec l’invention de la photographie en 1826. Peu à peu, l’art se défait de cette contrainte et développe un champ créatif qui autorise des recherches esthétiques qui de plus en plus s’affranchissent de la question du ressemblant ou du vraisemblable. Le début du 20ème siècle voit éclore un grand nombre de courants artistiques qui sont autant de « laboratoires » de création. Assujettie depuis des siècles au modèle antique et aux fonctions allégoriques ou commémoratives, la sculpture s’engage sur la voie d’une modernité inédite qu’ils tentent de mettre en oeuvre.

 

Si indéniablement l’on prête au style de Liaigre cette inflexion Minimaliste, cela passe d’abord par le vocabulaire souvent emprunté par celles et ceux qui ont écrit et commenté les projets et les créations de la maison. Sobre, retenu, simple…sont quelques uns des qualificatifs les plus souvent employés pour décrire le style de Liaigre, et force est d’affirmer qu’aucun de ces adjectifs n’est faux et ne trahit l’esprit développé depuis ses origines par Christian Liaigre que prolonge aujourd’hui le studio de création. On parle aussi pour le qualifier d’un « style sans effet de style » formule qui signifie qu’il n’y a pas dans le vocabulaire de Liaigre d’excès d’écriture ou de gesticulation. Tout est pensé et dessiné dans un souci de justesse en conciliant chaque fois les notions d’harmonie et d’ergonomie. Cette esthétique tempérée plus que minimaliste est dictée par des impératifs certes esthétiques ( la surcharge est à l’opposé de ce que la Maison développe depuis 40 ans), mais surtout par une réflexion au centre de laquelle on trouve le facteur humain ( usage, sensation de bien-être, confort, douceur).

 

 

 

 

 

 

 

 

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